Les Voix de la Culture - Radio Grenouille

Les Voix de la Culture #1 avec Philippe Foulquié, fondateur de la Friche belle de mai.

Published on February 03

"Les Voix de la Culture", une émission quotidienne en 40 rendez vous d'une demi heure, sur le devenir de la politique culturelle de Marseille.  L'invité du jour est Philippe Foulquié, fondateur de la Friche belle de mai à Marseille. et le témoin Johana Fidalgo pour le collectif "les Rosas". Et retrouvez ci dessous la transcription de l'émission : Sarah Bourcier: Philippe Foulquié, vous êtes né à Casablanca. Vous avez d’abord vécu à Avignon, puis à Aix et vous êtes arrivé à Marseille en 1961. Vous êtes le fondateur de la Friche de la Belle de Mai dans laquelle nous nous trouvons. Vous êtes toujours actif au sein de la société civile, spécialiste du jeune public, provocateur et militant culturel. Vous êtes auteur d’un article dans la revue Spirale « Naître au monde et à la culture ». Après avoir dirigé un centre culturel et plusieurs compagnies dramatiques en France, vous fondez l’association Système Friche Théâtre qui est à l’origine du projet de la Friche la Belle de Mai sur les 40 hectares laissés vacants par la Seita à Marseille. La Friche est cet espace de création, de production et de diffusion qui emploie un grand nombre de personnes, fédère plus de 70 associations, représentant 400 professionnels du spectacle et de la culture. Parmi les structures fondatrices, le Théâtre Massalia que vous avez créé mais aussi Marseille objectif DansE, L’A.M.I - Aide aux Musiques Innovatrices, Radio Grenouille, Fraeme, Triangle et bien d’autres. Le Théâtre Massalia travaille en collaboration étroite avec les établissements scolaires de son quartier, à Marseille et au-delà, en se souciant du lien avec les familles et les individus pour que la pratique culturelle s’intègre réellement à la vie des plus jeunes. Ainsi, Massalia déploie des propositions artistiques et culturelles sur le quartier de la Belle de Mai, dans une préoccupation d’accès à la culture et de ceux qui en sont éloignés.  Défricheurs de nouveaux territoires artistiques, vous avez toujours privilégié l’interdisciplinarité en aidant les artistes venus de tous les horizons : théâtre, musique, arts visuels et nouveaux médias. Vous avez souvent pointé du doigt les moyens insuffisants alloués au milieu culturel institutionnel et non institutionnel et vous soulignez la nécessité de travailler à l’élaboration de politiques nouvelles et notamment culturelles.    Fabrice Lextrait: Philippe Foulquié, bonjour. Aujourd’hui, avec le recul apporté par votre expérience mais aussi avec la permanence de votre engagement, comment définiriez-vous la fondation éthique d’une politique culturelle ?     Philippe Foulquié: Je crois que la politique culturelle d'une ville doit s'interroger en permanence. Ce questionnement ne peut être le fait de quelques experts ou d'autres dits responsables. Ce questionnement doit être largement partagé. La proximité des rapports entre élus, responsables et population permet l'épreuve de pratiques démocratiques dont l'élaboration d'une politique culturelle ne peut pas ne pas procéder. Et c'est particulièrement vrai quand la décentralisation culturelle puis politique est entrée dans sa réalité. A cela s'ajoute l'affirmation de plus en plus manifeste avec l'expression des droits culturels et des découvertes permises par la réalisation de ces droits. En outre, je déplore totalement l'attitude qui était  systématique où on pensait le fonctionnement culturel des Villes sur le modèle de l'Etat : c'est aussi idiot que lamentable, et chacun peut en connaître, en subir les effets. Par contre, je crois que l'actualité est en train de nous proposer une opportunité qui devrait, je l'espère, refonder quelque chose d'exemplaire de ce point de vue, où Marseille, une fois encore dans le domaine culturel, pourrait inventer des processus qui puissent inspirer d'autres collectivités, d'autres politiques culturelles. Il y a eu une antériorité quand Dominique Wallon est venu rejoindre Robert Vigouroux pour changer la politique culturelle de la Ville, changement initié par Gaston Defferre mais réalisé par son successeur, et en quelques mois, Marseille a attiré l'attention des gens en France et à l'Étranger. Ainsi que l'augmentation considérable des citations de Marseille dans l'argus de la Presse, une augmentation due pour l'essentiel à son nouveau visage culturel.    Fabrice Lextrait: C’était il y a trente ans, entre 1987 et 1990     Philippe Foulquié: C'est vrai, il y a trente ans, mais il reste encore - malheureusement de moins en moins - des choses importantes de cette époque. Je suis convaincu qu'elle a préparé, avec ses successeurs, Vigouroux et Poitevin, la nomination de Capitale Culturelle. Je reste militant de la mémoire de cette époque, Vigouroux-WallonPoitevin, ne serait-ce que parce qu'elle nous dit que c'est possible.    Fabrice Lextrait: On essaie avec cette émission de parler du futur et de l’avenir. Aujourd’hui à Marseille, le budget culturel est de 113 millions, soit un peu plus de 130 euros par habitant de dépenses municipales brutes. Qu’est-ce qu’il faut faire dans l’avenir ? Faut-il doubler le budget culturel ? Faut-il réussir à passer à 300 euros par habitant alors que c’est une ville pauvre ?      Philippe Foulquié: Marseille n'est pas une ville pauvre, elle est dans la moyenne des grandes villes, mais elle est profondément inégalitaire. Il y a à la fois les quartiers parmi les plus pauvres d'Europe, à la Belle-de-Mai par exemple, et aussi les plus riches, du côté du Roucas-Blanc. La Ville doit donc, ne serait-ce que par rapport à cet impératif national, l'Égalité, augmenter les moyens consacrés à la Culture. Ceci dit je ne sais pas où en est la situation économique de la Ville. Elle est très endettée. On peut supposer qu'il y a encore quelques possibilités de négociation de cette dette. Il y a sans doute d'autres pistes, notamment quant aux insuffisances des réponses municipales aux propositions de programmes européens ou nationaux. Mais Marseille ne peut se contenter d'invoquer ses difficultés pour continuer à laisser dépérir sa politique culturelle, abandonner des quartiers entiers, subir des politiques défavorables pour la Culture et pour les finances locales, diminuer ses capacités de production et d'accueil des artistes, justement parce que ceux-ci n'hésitent pas à affronter les risques de déception tant la Ville est encore séduisante pour eux.  La Politique, ça doit être une volonté de développer. Et il y a du nouveau pour cela. Notamment cette situation des Municipales où on a peut-être la chance d'inventer  quelque chose, en termes de nouveaux projets notamment, portés par le Pacte et le Printemps Marseillais (PM). J'ai quitté le Pacte quand ils ont décidé de quitter le PM parce que je trouvais cela ridicule, mais je m'étais investi dans les travaux du groupe culture et je regrette qu'ils n'aient pas été associés aux travaux de groupe culture du PM. Quoiqu'il en soit, je considère que l'union proposée par le PM constitue une proposition forte qui pourra inspirer d'autre démarches unitaires en France. Par ailleurs, il y a pas mal d'études et de chercheurs, mais aussi d'opérateurs culturels et autres propositions émanant de la Société Civile, qui travaillent les questions de la Culture, de son rôle et de son évolution dans les bouleversements que nous vivons, autant d'interrogations et de travaux qui vont inspirer, je le souhaite à fond, l'élaboration du programme du PM. Je pense en particulier à une sorte de manifeste établi par des personnalités belges tel Luc Carton, responsable de la Convention de Fribourg relative aux droits culturels, tel Bernard Foccroulle, compositeur et ancien directeur du Festival d'Arts Lyriques d'Aix, et quelques autres personnalités hautement responsables. Ils posent la nécessité de comprendre les choses autrement, à travers le changement de paradigme, la Culture se reconnaissant une importance plus manifeste, dans l'évolution, les bouleversements de nos sociétés. A travers aussi l'affirmation des droits culturels. Ce document que j'ai largement diffusé sur Facebook, est pour moi un cadre référentiel théorique pour penser le développement, en particulier dans sa dimension culturelle.    Fabrice Lextrait: Est-ce que cela veut dire que c’est une politique culturelle au niveau de la ville qui peut s’assoir sur des fondements intellectuels, politiques, théoriques comme ceux-là?  Une politique de droite ? De gauche ?     Philippe Foulquié: Ce que je sais et que je connais, ce sont les candidats annoncés qui sont encore et depuis longtemps au pouvoir. Je pense au Front National dans le 13/14ème, et on a déjà observé les dégâts. Je pense à Martine Vassal, l'héritière de JeanClaude Gaudin qui, présidente du Département, a diminué le budget culturel de moitié, Bruno Gilles qui partage les mêmes responsabilités et qui est tout de même de la même eau. Je n'attends rien de ces gens. J'ai participé à une soirée sur la Culture organisé par Marsactu où étaient invités les représentants des diverses listes chargés de la Culture. En dehors de la représentante du PM, trés à l'aise au milieu de ces gens, c'était épouvantablement lamentable. Je pense en particulier à la représentante des candidats LMER : elle était comme devisant dans son salon bobo de ces choses politiques qu'il faudrait changer. En fait, c'était une sorte d'occupation mondaine. Elle s'en foutait de la Culture, tout comme Macron d'ailleurs. Et je me suis dit que si les responsables se laissaient représenter par des paroles aussi vides, c'est qu'ils connaissaient le désintérêt de la population pour les questions culturelles. Et c'est trop important pour ne pas forcer nos interrogations.    Fabrice Lextrait: Dans la prochaine politique culturelle qui sera portée par le prochain maire en fonction justement de l’appel dont vous parliez sur les droits culturels, qu’est ce que l’on peut imaginer et espérer qu’une ville puisse justement porter en intégrant la singularité de Marseille ? Vous dites par exemple qu’il ne faut pas que ce soit la même politique que celle du ministère de la culture.     Philippe Foulquié: Marseille doit inventer sa propre politique culturelle municipale parce qu'elle le peut, parce qu'elle a montré qu'elle pouvait le faire, parce qu'elle doit le faire. C'est à ce prix qu'elle pourra participer à l'évolution de la politique du Ministère de la Culture, en termes d'innovation, de productions, de décentralisation, de socialisation. Marseille a été une référence à plusieurs reprises, ne serait-ce qu'avec la Friche où on ne dira jamais assez dans cette ville combien elle a influé sur la nomination de Capitale Culturelle. Mais il y a eu bien d'autres choses telle la Fiesta des Suds et les Docks, telle la Cité des Arts de la Rue, installée dans sa forme primitive aux anciens abattoirs. Et bien d'autres projets, sans doute plus modestes, mais qui tous ont montré cette capacité de Marseille à inventer des processus de développement culturel, qui ne se sont jamais posés comme modèles mais qui ont développé autant de référentiels réinvestis par d'autres, ailleurs, en France mais aussi à l'Étranger, dans leurs propres projets. Par ailleurs, quand on invente la Friche, sans projet prospectif en soit, notre souci c'est le développement des conditions de la Production artistique, en tentant d'en refonder la définition et ses conditions en prenant en compte la population dans sa diversité : qu'est-ce qu'elle en a à foutre la population de cela ? Comment travailler avec les gens, dans leur diversité ? Comment faire pour que ces gens, qui ne votent pas, qui ne veulent pas savoir ce qu'il se passe dans les choses de la Culture, ce qui en tout cas est référencé comme tel, qui ont tous pourtant des pratiques culturelles eux-mêmes, comment faire pour qu'il se sentent concernés par ces questions?  Comment faire dans ce monde qui change pour ne pas laisser au bord de la route tous ces gens qui vivent comme des exclus de cette société. Avec des écoles en sale état, des piscines fermées, peu de bibliothèques, des commerces qui ont disparu, etc...  Je crois à une possible solution qui serait de mettre en question la politique culturelle à travers un vaste chantier impliquant la population, les habitants de Marseille. Ça ne veut pas dire qu'on va attendre qu'ils nous disent tout ce qu'il faut faire. Ça veut dire qu'ils vont nous aider à formuler ce qu'on sait qu'il faut chercher à inventer, à développer, à multiplier.    Fabrice Lextrait: Comment cela se fait? Par des réunions, par des rencontres ?     Philippe Foulquié: La population s'est déjà inventé bien des mises en réseaux : associatifs, syndicaux, amicales de Parents, de locataires, d'usagers. Beaucoup de ces structures qui sont elles-mêmes demandeuses de cette interpellation. Et puis il y a les gens eux-mêmes et leurs désirs de mieux vivre, ce pourquoi ils peuvent se mobiliser. Nous aurons ainsi des intermédiaires indispensables à la structuration du chantier.  Quant aux propositions concrètes de réalisations, elles dépendront des urgences, par exemple, les bibliothèques et la production artistique indépendante fort mises à mal ces dernières années. Mais elles devront aussi répondre à des nouvelles propositions et des revendications qui trouveront dans ce chantier la légitimité de leurs expressions.Il ne s'agit pas de promettre l'ouverture de 4 ou 5 bibliothèques et d'apporter son financement. Le sujet maintenant doit être pourquoi cinq bibliothèques et comment ?  On peut alors envisager la durée d'un mandat municipal, l'étalement des projets, la gestion des urgences. Mais la population est concernée : ce n'est pas par la Presse ou une vague émission de TV qu'elle apprend ce qui se passe dans le domaine culturel à Marseille. Elle en est acteur. Evidemment la question budgétaire reste entière, que la nouvelle municipalité s'engage sur un développement du budget culturel, progressif mais très significatif dès le départ.      Fabrice Lextrait: Mais les politiques culturelles notamment au niveau de l’état, elles ont toujours été fondées par ce que l’on appelle une politique de l’offre. Donc vous dîtes qu’il faut arrêter avec une politique de l’offre et fabriquer une politique de la demande ?     Philippe Foulquié: Je ne sais pas exactement ce que cela veut dire ça. Ce que je veux dire, c'est que tous les gens ont des pratiques culturelles, ils ont tous des idées sur la Culture, même s'il ne l'appelle pas comme ça. Il s'agit de travailler là-dessus, d'essayer de comprendre. Ça ne signifie pas que je vais dire à un artiste, à un metteur en scène, "pousse toi qu'on mette un môme de quartier à ta place". Parce que le môme de quartier a besoin du metteur en scène, de sa singularité comme de ses savoirs. C'est comment on va travailler ensemble, comment on va découvrir ensemble la richesse culturelle de cette ville, qui corresponde à sa richesse propre, sa diversité, sa popularité, ses caractères rebelle, toutes choses qui plaisent à la Culture, dont elle a grand besoin, et c'est cela qu'il faut enfin utiliser.    Fabrice Lextrait : Vous parlez de diversité, on va écouter Joana Fidalgo. Elle est l’une des militantes de l’association du Collectif des Rosas qui a un certain nombre de propositions à faire contre la négrophobie.     Joana Fidalgo : Je milite pour la cause noire et la condition des noires depuis plus de trente ans. Je me suis engagée dans cette militance anti-négrophobie suite aux réactions tardives des gouvernants, des médias face aux insultes subies par Madame Taubira. C’était donc en 2013, nous avons créé le Collectif des Rosas à cette période en fin novembre. Notre date effective de lancement est le 1er décembre qui est aussi la date anniversaire de l’acte de Rosa Parks à Montgomery. Ce sont des femmes de toutes générations et de toutes classes sociales, ça peut être des chercheuses, des médecins, des avocates mais aussi, des tatas des écoles, beaucoup d’étudiantes. Nous avons toutes le même objectif : c’est de faire entendre la voix des femmes noires. L’ONU,  l’Union Européenne, toutes les institutions parlent d’afrophobie. Nous préférons le mot négrophobie en référence à notre histoire. Je ne veux pas détacher la ville Marseille d’un contexte plus grand. Je parle de la décennie 2015-2024 et d’un des objectifs qui est de promouvoir la diversité culturelle en valorisant notamment les héritages communs issus des interactions provoquées par l’histoire. Ça c’est l’ONU qui le préconise en 2015. Le 26 mars de l’année 2019, vote pour demander aux états de mettre en place des actions effectives en ce sens. Ce qui nous interroge le plus, c’est que lors de ce vote européen, une minorité a voté contre et dans cette minorité contre, la majorité des votants étaient des députés français. C’est un moment privilégié pour nous, les élections municipales, pour rappeler que les députés français ont majoritairement voté contre cette loi européenne contre le racisme anti noirs. Comment la condition d’afrodescendent est-elle prise en compte ? Comment dans notre culture, la diversité culturelle, ce maillage culturel qui se fait comme l’exprime très bien l’ONU, par les interactions provoquées par l’histoire, comment est-elle prise en compte ? La politique culturelle qui déclinerait la prise en compte de la résolution de l’ONU et de l’union européenne, peut participer à améliorer le mieux vivre ensemble et à travailler sur le sens commun. Ce que je demande moi aux futur(e)s élu(e)s c’est : comment ils vont prendre en compte toute la diversité culturelle de cette ville et ne plus avoir cette ségrégation mentale, à dire on n’existe pas ou on est là de temps en temps pour jouer du djembé. Il semblerait que tous ces prétendants au pouvoir ne tiennent même pas compte de ces préconisations-là. Est-ce un fait français ? Est-ce un fait Marseillais ? Le vote à la commission européenne montre bien que c’est un fait français. Comment les élus marseillais vont-ils prendre le contrepied de cette tendance française à nier le droit des afro-descendants.     Fabrice Lextrait : Philippe Foulquié, Johana Fidalgo est en écho avec que vous venez de nous raconter, non ?     Philippe Foulquié: Il me semble...Si je peux dire cela. Modestement. En fait, pour moi, c'est une forme d'évidence.  À la Friche, on a essayé de créer un théâtre en langue arabe. Je me disais, il y a 200 000, peut-être 250 000 habitants dont la langue est l'arabe, qu'ils le parlent ou qu'ils le comprennent, dont la langue est l'arabe, la langue des parents, la langue de leur Histoire, de leur culture première. Dans cette ville, aucun plateau scénique ne s'ouvre à la langue arabe. Comme une ville de 200 000 habitants sans théâtre. Un metteur en scène algérien s'engage à nos côtés. Alain Hayot, alors vice-président délégué à la Culture à la Région, comprend le fond du projet et décide de nous soutenir. Il sera le seul, avec quelques théâtres de la Région. On produit et fait tourner quelques spectacles, puis avec le changement de vice-président, l'administration régionale nous incite à solliciter l'Europe. On candidate pour un projet européen, qui s'est avéré être intéressant quoique plutôt monstrueux, ne serait-ce que par les délais qu'il a fallu pour l'installer. On a pu développer cela avec plusieurs pays arabes, même après mon départ, et poser ainsi une réflexion sur la présence du théâtre arabe à Marseille.  Finalement c'est assez banal, mais en l'occurrence, c'était extraordinaire. Mais pourquoi un théâtre en langue arabe ? Parce que la langue, c'est une question de dignité. Et c'est donc la possibilité d'engager des échanges légitimes. Car tu ne peux partager que dans les conditions d'une considération partagée. C'est un exemple d'un souci très ancien d'entendre ce que disent, ce que pensent, ce qu'ont vécu, ce que se racontent les peuples marseillais. De même, on a pensé à l'extraordinaire développement de la Musique africaine. On sait que son exportation a plus rapporté que celle des arachides. Musique particulière et spécifique, différente malgré les influences multiples des musiques européennes, surtout angloaméricaines. Nous avions engagé des collaborations avec Mamadou Konté, directeur et co-inventeur avec Manu Dibango du Festival Africa Fête, pour redéployer à Marseille, sa dimension européenne. Et puis tout ce que propose l'Afrique, comme ces arts de la Palabre ou de la danse qui sont comme des formes de spectacles de rue. Toutes ces richesses culturelles portées par les peuples marseillais ne sont pas envisagées, peu utilisées, jamais interrogées. La Culture est certes traversée par des peurs et des réflexes de classes. Mais l'ouverture du chantier doit permettre d'interroger cela, d'en explorer les possibilités.    Fabrice Lextrait : Vous avez proposé qu’on mobilise les populations par des groupes de travail, des lieux de rencontre, comment est-ce que cela va se jouer à la fois avec les professionnels de ce secteur, avec les techniciens et les élus qui vont en effet enclenché – surtout les élus - ces politiques ? Comment est-ce que cette combinaison entre professionnels, population et élus peut se jouer avec un prochain mandat ?     Philippe Foulquié: L'intervention de Joana Fidalgo montre qu'il y a une prise de conscience dans différents secteurs de cette réalité pour laquelle ils sont prêts à se battre. Et puis ça commence à traverser des personnalités artistiques, culturelles ou politiques. Et puis regardez par exemple: Pierre Dhareville, responsable national de la Culture pour le PCF a adressé un courrier à ses camarades et autres qui participent aux réflexions sur la Culture. Il les invitent à inventer quatre sortes de chantiers ouverts, posant la question de la Liberté, de la production, de la langue. Je ne suis donc pas très original, il y a un parti politique qui prend cette forme d'interrogations. Et le Parti Communiste reste quand même le parti sans lequel Malraux n'aurait jamais pu développer sa politique au niveau concret des villes.    Fabrice Lextrait : La première mesure du maire pour affirmer sa politique culturelle ?     Philippe Foulquié: L'ouverture du grand chantier de refondation de la Politique Culturelle Municipale.   

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